Le château de Sierck les Bains est situé au nord-ouest du département de la Moselle, A 18 km au nord-est de Thionville, et à 3 km des frontières luxembourgeoise et allemande.

De forme grossièrement ovoïde, il occupe un site défensif sur un promontoir rocheux de grès rouge à la confluence de la vallée de la Moselle et de la petite vallée de Montenach.

D'une altitude moyenne de 195 m au niveau de la terrasse sommitale, il est entouré de trois collines, le Stromberg au nord (314 m), l'Altenberg au sud-ouest (337 m) et le Kirschberg à l'est (371 m).

Origine du château
La date a laquelle ce château fut édifié n'est pas connue. La tradition veut qu'il ait été construit sur les restes d'un castel gallo-romain mais rien aujourd'hui ne permet de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse. La seule certitude est que ce château existait déjà  au XIe siècle, comme le montre un acte du Duc de Lorraine Gérard d'Alsace (1048-1070) fait au château de Sierck et daté de 1067, ainsi que des pièces de monnaies frappées à Sierck sous le règne de ce même duc.

De ce XIe siècle, il ne reste bien évidemment plus rien. Constamment réaménagé pour s'adapter au progrès de la poliorcétique (avec notamment l'apparition de l'artillerie), ce château, en son état actuel, remonte à la fin du XVe siècle, et comporte des bâtiments ajoutés au XVIIIe siècle.

Ce château fut dès le début une des résidences favorites des ducs de Lorraine, qui y séjournèrent fréquemment avec leur cour. Ce fut le cas notamment de Gérard d'Alsace (1048-1070), de Mathieu II (1220-1251) dont l'épouse Catherine de Limbourg fut à  l'origine en 1238 de la fondation du couvent de Marienfloss, de Jean Ier (1346-1390) en l'honneur duquel la tradition affirme que l'on faisait descendre une roue enflammée du sommet du Stromberg lors de la Saint-Jean, de Charles II (1390-1431) dont l'épouse Marguerite de Bavière fonda l'hôpital de Sierck et fit venir à  Marienfloss le Père Adolf d'Essen inventeur du chapelet médité (rosaire) ou encore de Charles IV (1624-1675) qui y résida plusieurs années avec sa cour.

En leur absence, le château était confié à la famille de Sierck dont la puissance s'accrut au fil des générations pour atteindre son apogée au XVe siècle avec Arnold VI (1366-1455), comte du Saint-Empire romain germanique, bâtisseur du château de Meinsberg, et son fils Jacques archevâque-électeur de Trèves de 1439 à 1456.

Le château fut à plusieurs fois assiégé, résistant victorieusement lorsque les ducs y résidaient (en 1131 avec le duc Simon Ier; en 1516 avec le duc Antoine le Bon), mais succombant en leur absence (en 1475 face à Charles le Téméraire; en 1633 face aux français; en 1635 il fut repris par les lorrains du capitaine Maillard pour être reconquis, huit ans plus tard, en 1643, par les troupes françaises commandées par le duc d'Enghien, le "Grand Condé").

La ville de Sierck et son château furent officiellement intégrés au royaume de France par le traité de Vincennes en 1661. Le château perdit alors sa fonction résidentielle et fut ravalé au rang de place forte aux frontières du royaume.
A partir de ce moment, le château fut, au gré des circonstances, démantelé ou restauré.

En 1673 sa mise en état de défense étant jugée trop coûteuse, il fut désarmé et démantelé sour ordre de Louvois, secrétaire d'Etat à la Guerre de Louis XIV : les bâtiments résidentiels furent en quasi totalité détruits, les tours furent arasées.

En 1705, après avoir contraint le duc de Malbourough qui avait établi son quartier général dans le château de Manderen, à la retraite, le maréchal de Villars, conscient de l'importance stratégique de la place, ordonna des travaux pour remettre le château en état de défense.

En 1713, en exécution du traité d'Utrecht qui mit fin à la guerre de succession d'Espagne, le château fut à nouveau désarmé. De 1733 à 1752 le fort fut progressivement restauré sous l'impulsion du maréchal de Belle-Isle, gouverneur de la province des Trois-Evéchés : les fortifications furent réorganisées et les bâtiments militaires aménagés.

En 1790 le fort fut désarmé de son artillerie. En 1811, jugé sans importance, il fut vendu au profit du trésor. Racheté en 1814, il fut en partie restauré avant d'être définitivement déclassé en 1866, année où il devint la propriété de la ville de Sierck les Bains.